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Nouvelle scène: Rencontre sympa avec le groupe Trëma

Crédits : Aymé Katendi

 

Depuis un certain temps déjà, nous voulions rencontrer Trëma, ce duo pop-rock en passe de devenir l’un des meilleurs groupes que notre ville généreuse a vu naître et croître en son sein. Nous tombions sur le bon moment, puisque, après avoir gagné le prix Ouï Love Dailymotion, ils nous proposent un nouveau clip, arrivent en finale du concours France ô Folies et s’apprêtent à sortir leur premier album… De messages sur répondeur en textos nocturnes, nous avons pu décider d’une date et d’un lieu de rencontre: le 17 janvier, 17h, à la Grappe.

17 janvier, 17h20, Place du’m. Une silhouette fine s’avance vers la terrasse du bar, une volute de fumée s’envole dans le ciel glacé, Polnaf, bassiste de son état, me tend la main. Nous rentrons nous réchauffer. On discute un peu en attendant Pierre-Gab, le chanteur.
Un quart d’heure plus tard, une tignasse blonde et bouclée se presse vers nous, il s’installe, et pose ses mains aux ongles colorés d’un vernis arc-en-ciel sur la table. Jolie entrée en matière.


JV: Salut à vous, merci d’avoir accepté cette rencontre. Vous venez de remporter le concours Ouï Love Dailymotion, qui vous permet d’avoir désormais un de vos titres diffusé quotidiennement sur Ouï FM. En outre, je remarque que vous arrivez en finale du concours France ô Folies… Un trëma, un circonflexe, vous êtes abonnés aux accents singuliers…
 

- rires presque gênés devant cette atroce anti-blague -
Trëma : On a un effectivement été choisis, avec quatre autres groupes, pour participer à la finale du concours France ô Folies, créé par France Télévisions [cf article sur JV]. Il y a un reportage sur le concours où on est interviewé, il sera diffusé en mars [ils étaient d’ailleurs filmés la veille]. L’enjeu du concours, sa carotte, c’est de pouvoir jouer au festival Francofolies à la Rochelle devant 12000 personnes. Quant au concours Ouï Love Dailymotion que nous avons eu la chance de remporter grâce au soutien des auditeurs, c’est pour nous une chance inouïe et un sacré coup de pied à l’étrier !

JV: On vous connaît depuis un certain temps, mais l’origine de votre nom a toujours été pour nous un mystère. S’appeler Trëma, c’est une façon de montrer sa singularité, rendre hommage à Vian, ou choisir, un samedi soir, beurré, le nom de son groupe ?

- rire un peu plus franc -
Trëma : A ce moment-là, on était encore quatre -les autres ont décidé de nous quitter lorsque nous avons voulu donner un tournant plus professionnel au groupe, leur ambition étant ailleurs-. On était tous les quatre en perm à Saint Jean. On cherchait ce nom depuis un bon bout de temps, alors Pierre-Gab est allé sur l’estrade, et a demandé à tous ceux qui étaient là s'ils voulaient participer. On en a récolté deux-cents, écrits au stylo noir. Sauf… un, en rouge: « virgule ». Par association d’idées, Trëma s’est imposé…

JV: D’où vous vient cet intérêt, voire cette passion pour la musique ?

Pierre-Gab: On est tous des musiciens dans la famille [un des ses frères est d’ailleurs chef d’orchestre]. Je suis passé par Lully, puis Rameau. Après huit années de violoncelle, je me mets à la batterie, pour bifurquer ensuite sur la guitare.
Polnaf: J’ai fait douze ans de saxo au conservatoire. J’ai été sensibilisé à l’art, de façon générale, par ma mère, qui est peintre.

JV: Et quel chemin avez-vous parcouru ensuite ?

Trëma : En Term, un producteur nous propose un contrat de 5 ans et deux albums, mais à l’époque on estimait ne pas avoir la maturité nécessaire pour un tel projet, aussi engageant soit-il. On n’avait même pas notre bac ! Ce sera quand même l’occase d’enregistrer une chanson (Cachez-moi ce monde) et de faire la connaissance de Jean-Paul, notre futur ingé son et réalisateur. Plus rien ne se présente sur ce plan pendant 3-4 ans, et un jour on retombe sur lui à un concert d’une artiste dont il s’occupe et qu’on aime bien. On renoue le contact, on lui fait écouter nos nouvelles chansons, il tombe sous le charme et nous incite à enregistrer ces chansons de façon professionnelle. Comme on n’avait pas les sous pour ça, il nous invite à commencer les enregistrements dans son propre home-studio, et ce sans frais, en attendant que des investisseurs mordent à l’hameçon.
    Entre temps, on s’est mis à faire beaucoup de concerts: au départ dans les bars, puis dans de plus grandes salles, mieux équipées. On s’est rapidement heurté à un problème embêtant : la plupart du temps, les salles pros ne veulent pas avoir affaire à des amateurs sans label. On a donc créé notre propre label il y a deux ans, qu’on a appelé « Sans Label Fixe ». Après quoi on s’est mis à contacter les salles dans lesquelles on voulait jouer, telles que le Nouveau Casino ou le Trabendo, cette fois plus en tant qu’artistes, mais en tant que producteurs de spectacles. Par ce procédé, on faisait passer Trëma pour un groupe pro, et ça nous a permis de jouer dans des salles normalement occupées par des artistes déjà signés et produits.
    C’est également via ce label que nous avons pu financer notre premier album, que nous venons de finir d’enregistrer et que nous nous apprêtons à sortir. Avec le concours d’avocats spécialisés, on a organisé un système de coproduction autour de notre structure juridique qui nous a permis de faire une levée de fonds auprès d’investisseurs particuliers, et ainsi récolter la somme nécessaire à l’autoproduction de cet album (ce qui représente tout de même un investissement de plus de 20 000 € ! Pourvu que l’album se vende héhé !)

JV: Ingénieux procédé ! Ah oui, une question débile - il faut toujours une question débile. Comment composez-vous vos chansons?

Trëma : il n’y a pas vraiment de règles, en fait. Au départ on écrivait tout tous seuls. Depuis quelques années, des paroliers nous apportent leurs textes à partir desquels on écrit ensemble la musique (à chacun son talent, et visiblement nous c’était plus la musique que les paroles, d’autant plus que nous mettions un point d’honneur à ce que celles-ci soient de qualité). Mais ce n’est pas toujours dans cet ordre, la musique peut venir avant…

JV: Revenons-en à votre parcours. Comment se continue l’aventure?

Trëma : lorsque nos deux compères et amis nous ont quitté, il nous a fallu trouver d’autres musiciens, mais de préférence professionnels cette fois. Jean-Paul nous a d’abord présenté un batteur très talentueux, , Alain Decampos, la quarantaine passée. Lors de notre première répète avec lui, il nous a bluffé par sa rigueur et son niveau, alors on lui a proposé un live, sans trop savoir que c’était son métier et donc son quotidien. On lui demande ce qu’a été son plus grand concert en tant que musicien. Il nous répond: « Ooh je crois qu’il y avait quatre cent... Quatre cent cinquante... MILLE personnes, un truc comme ça, c’était avec ZUCCHERRO à  Agadir. On jouait sur un bateau devant une plage noire de monde… super souvenir ! ». Autant vous dire qu’on a réalisé alors la chance qu’on avait de jouer avec des musiciens comme lui, connus du métier mais pourtant d’une rare humilité, du genre qui s’excuse d’arriver en retard en répète parce que sa répétition pour un concert le lendemain, à Bercy, avec Shakira, a fini plus tard que prévu !    
    C’est aussi Jean-Paul qui nous a présenté Antoine Hurault et Seb Hoog, les deux guitaristes [également au service d’Izia, Carole Fredericks, Manu Katché, Daphné…] avec lesquels nous avons collaboré sur l’album et en live. Depuis qu’on joue avec eux, on doit avouer avoir été sacrément tirés vers le haut !

JV : Quel est, selon vous, le moteur de votre groupe?

Trëma : on a un objectif commun: la sortie de notre premier album. Ça correspond à un rêve de gosse. Cet objectif nous booste au quotidien, on a vraiment envie de se donner à fond pour l’atteindre. Ce qu’on veut avant tout, c’est vraiment avoir un métier de musicien, c’est-à-dire vivre de notre création. Si la sortie de ce premier opus représente un flop commercialement, au moins on n’aura pas de regrets, on aura essayé et tout donné pour y arriver !

JV : je sais bien que vous en êtes au tout début de votre carrière, même si vous avez fait déjà pas mal de choses. Mais… si vous deviez donner un conseil à des petits groupes, qu’est-ce que ce serait?

Trëma : je vois pas comment on pourrait donner des conseils maintenant. Nous ne sommes encore personne pour cela. Si ? Alors il faudrait peut-être leur dire de ne pas être trop pressés, de savoir prendre leur temps pour mûrir leurs projets. Nous, ça fait quand même cinq ans ½ qu’on existe, et on en serait sûrement pas arrivé là si on avait voulu brûler les étapes. Il faut du culot, aussi, pas hésiter à bousculer les choses ou les gens pour pouvoir avancer. Et savoir que la réussite tient en bonne partie aux rencontres que l’on fait, celles qui nous font évoluer et avancer.


NB: monter un groupe pro, ça ne veut pas forcément dire lâcher ses études. Polnaf est actuellement à Assas, en 4° année de finance, ce qui a servi pour monter leur boîte. Il a 22 ans. Piergab, lui, est en production des medias, en 5° année. Il a 23 ans.


Prochain concert:  le 13 mars, à l’Alhambra
16 €, places disponibles dans tous les points de vente habituels (Fnac, Virgin, Carrefour, Auchan, Digitick, Ticketnet …)

www.trema-officiel.com
www.myspace.com/tremamusic


La vidéo du premier clip de Trëma : Déclaration


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