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AIR: Amour, Imagination, Rêve.

Mais surtout de l’Amour.

    Air, tu le sais, c’est ce groupe de la fin des années 90 qui a fait partie des grands conquérants de la french touch, comme Daft Punk. Puisant leurs matériaux sonores dans le vivier électronique, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin sont évidemment passés par la case Jules Ferry, qui recèle des batteries de multimètres et oscilloscopes dans ses labos. Durant ces années dans le quartier Saint Louis, ils forment le groupe Orange avec Alex Gopher (Alexis Latrobe) et Xavier Jamaux, autres enfants de la fin des sixties.
    Ensuite? Archi pour l’un (Nicolas), études de Mathématiques (paraît-il) pour l’autre. Mais la musique a lancé ses rets: Après le succès de Modulor, un titre écrit en hommage à Le Corbusier (architecte connu, entre autres, pour avoir imaginé la cité radieuse, à Marseille), Nicolas veut poursuivre, et fait appel à Jean-Benoît. Ils sortent leur 1er album, Moon Safari, en 1998.


    Le groupe Air a donné une conférence le jeudi 8 octobre 2009, dans la Fnac de Montparnasse, pour présenter leur nouvel album, Love 2 ( prononcer « deux » ), en réaction au précédent, enregistré dans leur studio à Belleville (un vieil immeuble transformé en dépôt, un de leurs rêves enfin concrétisé).
    Ils qualifient ce nouvel opus de « surréaliste et sensuel », et en assument le côté spontané, presque facile. Pocket Symphony (mars 2007), lui, était plus « fouillé » , plus « méticuleux » et soigné. Ce qu’ils aiment, c’est l’aspect ludique et bricoleur de la musique, à tel point que leur mixeur les appelle « les bricolos de la musique ». Nicolas affirme d’ailleurs: « on est vraiment des artisans ». Pas des artistes? Ils se considèrent en tout cas comme des « outsiders » .
    En période de création, le studio est pour eux comme une bulle, un cocon où ils s’enferment avec leurs sons qui planent. Cette bulle contient tout ce qu’ils imaginent, ce qu’ils rêvent, mais le réel est aussi présent de l’autre côté de cette sphère diaphane, la frontière entre fiction et réalité en est donc très ténue… Ils ont ensuite besoin, pour la promotion d’un album, de « ressentir le feu sacré » sur la scène, ce qu’un des deux compare à la sensation qui monte à la tête après ¾ d’heure de footing. L’ivresse du déchaînement de la foule, sans doute, le vertigo qui prend quiconque offre à une masse de gens l’œuvre qu’il a créé en solitaire.

                                                                                     Victoire Yon

                                                                                      Bertrand de Véricourt


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