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Venise sous la neige

Le 9 Juin 2011 - Lycée Saint-Jean Hulst

Dès les premiers instants de la représentation de Venise sous la neige, interprétée par la Compagnie « Sucre et Celle », les rires résonnent, toujours plus nombreux au fil de l’histoire.

 

Dans le décor des traditionnels intérieurs bourgeois, quatre comédiens, parmi lesquels Florence Petit Damico et Laurent Vouin, metteurs en scène, incarnent deux couples a priori bien différents. Nathalie et Jean-Luc, d’abord, forment un couple plutôt harmonieux sur le point de se marier, très accrochés à leur routine quotidienne. Ils reçoivent à dîner Patricia et Christophe, deux êtres amoureux à la relation conflictuelle. S’étant disputés sur le chemin, ils arrivent au lieu de rendez-vous tendus. Les couples se connaissent peu, les deux hommes étant des amis d’université qui viennent de se retrouver. Vexée de la dispute, Patricia ne pipe mot, ce qui conduit ses hôtes à la prendre pour une étrangère. Jouant sur le quiproquo – elle ira jusque à inventer son pays imaginaire, la Chouvénie -, les invités vont ainsi se jouer de la situation. Les évènements vont alors s’enchaîner à une vitesse folle, et si les personnages en perdent la tête, les spectateurs, eux, s’en délectent. Le coup de théâtre au moment du départ marque enfin l’achèvement d’une comédie contemporaine réussie et surprenante.

 

Au-delà du caractère comique de la pièce, le spectateur profite d’une mise en scène attentive aux détails et d’un jeu d’acteur de qualité. Pour preuve, la majorité du texte de Fabienne Lortat-Jacob, l’interprète de Patricia, correspond à une langue imaginaire, ce qui apparait particulièrement difficile à tenir, notamment au niveau de la concentration et de la cohérence des sons.

 

A la sortie de la salle de spectacle du Lycée Saint-Jean Hulst, les commentaires des spectateurs se dirigent tous vers cette même impression d’avoir passé un moment agréable, « très drôle » pour certains, grâce à une interprétation « enlevée et sans prétention » pour d’autres. En somme, c’est le spectacle d’une troupe amateur proche de son public et de ses attentes qu’a offert le Mois Molière en ce dixième jour de festival.

 

S. Malriat


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