Un chapeau de paille d'Italie
Le 4 Juin 2011 - Galerie des Moulages, Petites Ecuries
Suite au succès de son cycle Strindberg l’année dernière, Jean-Luc Jeener revient cette année dans la Galerie des Moulages avec son cycle Labiche, débutant par Le chapeau de paille d'Italie.
Malgré une pluie torrentielle qui, pense-t-on, aurait pu en décourager plus d'un, il ne reste aucune place dans les tribunes. Nous apercevons alors, par bribes, les éclairs de l'orage qui gronde lorsque les comédiens entrent en scène.
Nous aurions dû assister au plus beau jour de la vie d'Hélène Nonancourt et de Monsieur Fadinard. Ce ne sera point. Sur le chemin de la noce, le cheval de Jules Fadinard fait sa pitance d'un chapeau de paille d'Italie. Incarné par un Luc Antoni parfaitement imprégné de son personnage, le futur époux se retrouve contraint de retrouver ce même chapeau pour les beaux yeux de Madame Anais de Beauperthuis, sous les menaces de son amant.
Cet ornement s'avère cependant difficile à trouver, ainsi sans le vouloir, de ratés en quiproquos, la quête vire au cauchemar. Des invités au mariage jusqu'au mari d'Anaïs l'infidèle, des voisins au beau-père, avertis par inadvertance, tout le monde s'en mêle !
N'oublions pas l'oncle sourd comme un pot qui n'arrange guère les affaires de Mr Fadinard. Et pourtant, coup de théâtre, le cadeau qu'il fait à la mariée n'est autre que l'objet de toutes les querelles : un chapeau de paille d'Italie !
A l'applaudimètre, inutile de se poser la question : la pièce a plu. La simplicité des costumes et l'absence de décors ont fait ressortir la sobriété de l'oeuvre de Labiche. Mais cela met surtout en exergue le jeu excellent des dix-sept comédiens, qui courent tout au long de la pièce d'un bout à l'autre des coulisses.
B. Morin

