Les héroïnes romantiques italiennes
Le 14 Juin 2011 - Hôtel de Ville
L'Hôtel de ville accueille, en ce début d'après-midi du 14 Juin, la soliste Jocelyne Lucas et Isabelle Marie, harpiste depuis de nombreuses années.
Habituée du Mois Molière, Jocelyne Lucas nous délivre un programme de musique italienne lors d'un spectacle de plus d'une heure et demie.
L'an dernier, la pièce était comble. Cette année, la salle des mariages est ouverte, par manque de places. Un détail qui n'échappe pas au regard de Jocelyne Lucas, heureuse de retrouver ses spectateurs, fidèles, et plus nombreux à chaque représentation. Romances, mélodies et airs d'opéra sont interprétés pendant plus de quatre-vingt dix minutes.
Comme pour se mettre en voix, la soliste aborde Plaisir d'amour de Martini, la musicalité infaillible et la tendresse irrésistible du timbre confirment les compétences de l'interprète. Le duo voix et harpe se poursuit avec l'Ave Maria dit de Caccini (car il n'est en fait pas de lui). Plusieurs morceaux se succèdent ensuite, dont trois de Donizetti, avec un solo d'harpe magnifique et prenant.
Bellini, John Thomas, Puccini, et Ruggero Leoncavallo voient leurs oeuvres reprises par ces deux artistes au talent incontestable. L'instrument d'Isabelle Marie fusionne à la perfection avec la voix de Jocelyne Lucas. Une technicité vocale dépourvue de tout maniérisme, une connaissance de l'instrument, et de l'esthétisme plus fort au fil des morceaux embrasent la scène, le public est sous le charme.
Bercés dans l'univers romantique du XVIIIe et XIXe, nous sommes transpercés par ces mélodies chargées d'émotions. Il était nécessaire de rendre hommage à l'oeuvre de Mascagni, Ave Maria qui avait été saluée, en 1888, par soixante rappels. Enfin, cinq des cinq-cent romances de salon de Tosti clôturent le spectacle.
Le chant diamantin, qui paraît naturel chez Jocelyne Lucas, et la harpe, innée chez Isabelle Marie transportent les spectateurs. Une salve d'applaudissements acclame ainsi la performance de ces deux femmes, manifestement émues.
B. Morin

