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L'Ecole des maris

Le 1er Juin 2011 - Les Grandes Ecuries

Le 1er Juin 2011 - Les Grandes Ecuries

L'école des maris de Molière ouvre le festival aux Grandes Ecuries. Nous sommes allées rencontrer Jean Bonnet, le metteur en scène, quelques minutes avant le début de la représentation. C'est avec plaisir qu'il a répondu à nos questions.


JVersailles : Depuis quand êtes-vous metteur en scène ?

Jean Bonnet : Je mets en scène depuis une vingtaine d’année, mais c’est la première fois que nous participons au Mois Molière.



JV : Avez-vous joué vous aussi, avant de vous lancer dans la mise en scène ?

Jean Bonnet : Je suis un peu comédien, mais non, je suis avant tout metteur en scène.



JV : Avez-vous préparé ce spectacle exprès pour le Mois Molière ?

Jean Bonnet : Non, nous le préparons depuis trois ans. Nous l’avons présenté deux fois à Avignon. C’est un spectacle qui a déjà tourné, mais le jouer au Mois Molière est un véritable honneur.



JV : Votre compagnie est-elle de Versailles même ?

Jean Bonnet : Non, nous venons de Cergy Pontoise, et le programmateur du Mois Molière nous a repérés en Avignon.



JV : Appréhendez-vous ce soir de jouer en extérieur ?

Jean Bonnet : La scène est différente, comme vous le voyez nous avons monté un tréteau à la française. Quand on joue dans un théâtre, on ne met souvent que le plancher, mais il y a des effets au niveau de l’image impossibles à reproduire en extérieur. Cependant, cela nous permet de rester dans l’esprit de Molière qui jouait dans des théâtres cossus ou en plein air. Pour une comédie, c’est presque une chance de jouer dans cette configuration là. Le seul inconvénient reste le vent, mais bon, on n’a pas de pluie, c’est déjà ça !



JV : Que pouvez-vous nous dire sur la pièce qui va se jouer ?

Jean Bonnet : Il s’agit d’une pièce que Molière a écrite à la suite d’un bide. Après avoir monté les Précieuses Ridicules – un succès -, il écrit Dom Garcie de Navarre, qui ne rencontre pas son public. Pour se rattraper, il se lance donc dans l’écriture de L’Ecole des maris, qui est du coup une pièce très dense au niveau de l’écriture. Il s’agit en fait de deux jeunes filles qui veulent se marier avec leurs tuteurs, l’une à qui on ne demande pas son avis et l’autre qui a la chance de rencontrer un homme qui lui demande son opinion. Cette confrontation des points de vue donne ainsi à voir une très jolie pièce sur la féminité.



Et en effet, L’Ecole des maris apparait devant nos yeux comme une ode à l’émancipation féminine. Pas de lever de rideau ici, mais une pièce qui débute, tambour battant, par un débat fraternel entre deux hommes, Ariste et Sganarelle, que tout semble opposer. Ou tout du moins, c’est leur conception de la féminité qui les différencie. Quand le premier prône la liberté de la femme, l’autre la considère comme un faire-valoir destiné à rester dans l’ombre de son mari. Et c’est finalement ce dernier que le spectateur pourra considérer comme le dindon de la farce, tant il se retrouvera dupé et humilié par une femme qui n’aura accepté cette servitude contraire à l’amour libre. Si l’action se déroule en plein cœur du XVIIème siècle, les questions du mariage forcé et de la soumission physique ou morale de la femme sont toujours au cœur des sociétés actuelles, partout dans le monde. Dès lors, L’Ecole des maris perd son caractère uniquement comique tant la pièce se lance dans de vrais plaidoyers en faveur de la femme, le tout sublimé par la musique et le chant, omniprésents dans la mise en scène de M. Jean Bonnet.

A la fin de la représentation et après de longs applaudissements, ce sont de jeunes spectateurs particulièrement enthousiastes que nous retrouvons, tels que Laurène, 19 ans, qui nous avoue n’être « jamais venue au Mois Molière précédemment » mais avoir assisté à un « très beau spectacle ». Nathalie et Alexandre, 20 ans, soulignent la « qualité de la mise en scène » tandis que Hugues-Antoine, 13 ans, s’extasie devant des comédiens qu’il juge « très forts ». Au final, il s’agit de constater le pouvoir toujours avéré de l’alliance entre théâtre classique et mise en scène moderne sur des spectateurs du XXIème siècle.

S. Malriat

 


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