Le Canard à l'orange
Le 15 Juin 2011 - Lycée Notre-Dame de GrandChamp
La Troupe du bruit qui court, pour le 15ème jour de festival, présente le Canard à l'orange, une pièce de William Douglas-Home, adaptée par Marc-Gilbert Sauvajon.
En anglais, « the Secretary bird », une sorte de héron aux longues jambes et un cerveau de rapace. Et nous faisons aisément faire le lien avec le personnage principal qui déborde d'idées pour arriver à ses fins, en se servant notamment de sa secrétaire déroutante. Nous sommes dans le Boulevard.
Fabienne d'Argentré met en scène cette comédie en quatre actes avec brio.
Hugh Preston (Bertrand de Poulpiquet), animateur à la BBC, jongle entre sa femme et ses maîtresses. Celui ci fait savoir à son épouse qu'il est au courant de son infidélité. Liz Preston (Fabienne d'Argentré) dévoile alors tout de sa romance avec John Brownlow (Stéphane Dartige du Fournet). Elle lui révèle ses intentions : partir dimanche matin avec cet agent de change en Italie, sans le prévenir. Hugh, entre deux verres de whisky, propose à sa femme de se faire surprendre en flagrant délit d'adultère au domicile conjugal, et ainsi de prendre tous les torts à sa charge. La réaction surprenante de celui-ci, qui suggère également à Liz d'inviter son amant afin de régler tous les effets du divorce, la laisse perplexe. En voyant son épouse sidérée par cette proposition incongrue, Hugh avoue finalement qu'il ne savait rien de sa liaison. Celle ci, remontée contre son mari, accepte d'accueillir son amant pour lui démontrer qu'il est tout à fait charmant.
Hugh quant à lui, invite sa secrétaire Patricia Forsyth (Camille de Preissac) pour que Madame Gray (Laurence Blondel) les surprenne dans le même lit le lendemain matin.
Entre la secrétaire pulpeuse, l'amant perdu et la femme déconcertée, le mari imbibé de whisky fait tout pour reconquérir sa belle.
Hugh, qui déambule avec légèreté, est un fin joueur d'échecs. Il va donc jouer, toujours avec un coup d'avance sur sa reine et son amant. Echec et mat ! Avec un canard qui n'en finit pas de cuire, l'époux a raison de l'amant, et Patricia s'incline face à Liz.
Mijoté dans l'humour anglais pendant plus de 2H30, le Canard à l'orange fait rire aux éclats, et un bon nombre de spectateurs à la sortie de la salle espère retenir quelques unes des répliques bien pensées !
B. Morin

