Le Bourgeois Gentilhomme
Le 30 Juin 2011 - Grandes Ecuries
La compagnie Colette Roumanoff se produit sur la scène des Grandes Ecuries et présente Le Bourgeois Gentilhomme. Certains attendaient avec impatience cette pièce, d'autres moins, car elle signifie aussi la clôture d'un mois riche en spectacles en tous genres. La dernière soirée du festival a déplacé des centaines de spectateurs, et nombreux furent ceux qui ont attendu derrière les grilles dans l'espoir de voir quelques places se libérer. Monsieur le Maire profite de cette soirée pour saluer et remercier, une dernière fois, l'implication des organisateurs et bénévoles. C'est sous les applaudissements que le spectacle débute.
Monsieur Jourdain est un bourgeois entiché de noblesse et entend acquérir toutes les manières des gens de qualité. Au travers des leçons de danse, armes, philosophie ou orthographe, il perfectionne son éducation. Enfermé dans son obsession, il tyrannise les siens et refuse même l'union de sa fille Lucile avec Cléonte. En effet, le jeune homme n'étant point gentilhomme, Monsieur Jourdain s'oppose obstinément au mariage.
Celui ci est obnubilé par l'idée de gravir l'échelle sociale, et se retrouver dans une classe qui n'est pas la sienne. Seulement, "'l'habit ne fait pas le moine". Les valeurs de la noblesse ne se suffisent pas à un costume. Au lieu de démontrer une élégance naturelle, Monsieur Jourdain se révèle être maladroit et ignorant. Sa femme et sa servante, exaspérées, se moquent de lui et prouvent son étroitesse d'esprit en le plaçant au centre d'une mascarade. Duppé, il autorise le mariage de sa fille avec le fils du Grand Turc qui n'est autre que Cléonte, et sera intronisé "Mamamouchi" lors d'une cérémonie grotesque.
Le talent des comédiens propulse facilement le public dans le salon de Monsieur Jourdain où nous assistons à sa leçon d'orthographe ou celle d'escrime. Un moment qui déclenche les rires inextinguibles des spectateurs, et les enfants au premier rang ne cachent pas leurs mines réjouies. Ainsi, humour et finesse se sont côtoyés tout au long de la représentation. Après plus de deux heures et quart de spectacle, nous pouvons annoncer avec certitude que le public félicitait à la fois la performance des comédiens, ainsi que l'enthousiasme et la joie véhiculés.
L'émotion est palpable. Les applaudissements chaleureux ont réussi à vaincre la mélancolie ambiante en cette fin de festival. Une fois encore, le mois entraine les spectateurs les plus réticents dans la ferveur des grands classiques.
B. Morin
