Fête de l'improvisation au CRR
Le 7 Juin 2011 – CRR
Il est 20 heures lorsque le Conservatoire à rayonnement régional de Versailles s'active. Les étudiants du conservatoire, parrainés cette année par Michel Deneuve, nous offrent un concert improvisé pendant plus d'une heure et demie.
La Fête de l'improvisation est un événement qui se perpétue depuis plusieurs années. Pour la quatrième édition, les élèves, surnommés pour l'occasion « improvisateurs » nous font pénétrer dans l'ambiance d'un studio de musique.
Après une rapide présentation des instruments, les anciens invités d'honneur sont présentés. Thierry Machuel, Marc Vella, et Marc Pinardel, (chargé du cours d'improvisation à la Sorbonne) sont les trois parrains des précédentes éditions de cette soirée spéciale. Certains d'entre eux, maitres de l'improvisation, empêchaient les musiciens de jouer ou tenaient les mains du chef d'orchestre...
C'est un compositeur contemporain qui guide ce soir ces jeunes étudiants du Conservatoire. Michel Deneuve est un musicien que l'on retrouve particulièrement derrière le cristal, cet instrument rare et moderne. Pour donner le ton de cette quatrième édition, il ne tarde pas à demander à une jeune pianiste de se positionner face aux musiciens et d'endosser le rôle de chef d'orchestre. Les violons, les percussions, la clarinette, le saxophone et le cristal improvisent d'après les gestes timides de ce chef d'orchestre d'un soir.
Malgré les tentatives de certains de se cacher derrière leur instrument afin d' éviter la même sentence que leur camarade, trois élèves seront choisis au hasard pour être au centre de tous les regards. Une chanteuse, un violoniste et un percussionniste se retrouvent alors à diriger au moyen de leur voix, leur rythme ou la baguette de leur violon, l'orchestre qui leur fait face. Michel Deneuve précise néanmoins qu'il ne faut pas penser à faire bien ou pas bien, il importe de se servir uniquement des seules connaissances en musique que chacun possède. Le « maestro » est alors condamné à faire confiance aux autres, tout en se faisant d'abord confiance.
Le parrain de cette quatrième édition n'est pas à cours d'idées pour ce qui est de l'improvisation ! Il impose aux étudiants de reproduire les morceaux qui viennent d'être créés, mais sans direction cette fois. Des rires nerveux se font entendre, rapidement camouflés par les mélodies de chaque instrument. Comme l'explique Michel Deneuve, « il est impossible de refaire », mais ce qu'il faut c'est « se rapprocher sensiblement ».
Les spectateurs sont ensuite mis à contribution pour l'exercice suivant. Chaise, offrande, vent, danse et Steinway sont les mots choisis par le public afin d'inspirer les élèves dans cette composition improvisée.
Emu par tant de réussite, et ne sachant que faire pour « bloquer » ces élèves maitres de l'improvisation, il leur propose un dernier exercice. Créer un concerto, Concerto : Souffle Eternel, dirigé par deux «experts en souffle», une chanteuse et un saxophoniste. La salle est bercée par la symbiose magique des instruments. Encore une fois profondément bouleversé, Michel Deneuve clôt la soirée par une légère leçon qui doit toujours rester à l'esprit des musiciens : « La musique est essentielle. C'est notre nourriture face à ce monde violent. »
B. Morin

