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Cyrano de Bergerac

Le 3 Juin 2011 - Les Grandes Ecuries

Bien avant la représentation, la soirée s’annonçait grandiose : de nombreux décors, deux-cents spectateurs refusés à l’entrée faute de places et une frénésie ambiante à laquelle aucun n’a pu échapper.

En effet, s’atteler à la représentation de Cyrano de Bergerac, le plus célèbre classique d’Edmond Rostand, en plein air dans la cour des Grandes Ecuries s’avérait être un vrai défi : quarante personnages différents, cinq actes entraînant irrémédiablement un changement de décor, un rôle-titre omniprésent et particulièrement imposant avec plus de 1600 vers à son actif, une scène de bataille... De quoi rebuter nombre de metteurs en scène. Pourtant, c’est avec un bonheur communicatif que l’une des meilleures troupes françaises, Viva la Commedia, s’est lancée dans l’aventure et a choisi Versailles comme résidence depuis une année.

Devant nos regards ébahis, cette soirée du 3 juin s’annonça comme un retour en plein cœur du XIXème siècle. L’histoire de cette « comédie héroïque » - selon son auteur - est celle d’un homme blessé, Cyrano, déçu par le monde et tous ceux qui l’entourent, complexé par un trop grand nez qu’il compense tant bien que mal par une verve à toute épreuve. Lorsqu’il tombe amoureux de sa cousine, la délicieuse Roxane, son assurance de façade se rompt, laissant place à un homme frêle et n’assumant pas ses sentiments. Il ira jusqu’à aider celle qu’il aime à en un aimer un autre.

Huit comédiens jouent ainsi les quarante personnages de la pièce, sans jamais quitter la scène mais se transforment au gré de toutes leurs apparitions, troquant tous leurs costumes à une vitesse fulgurante dans des coulisses à ciel ouvert et rendant hommage à la commedia dell’arte. Lorsque le duel à l’épée débute, le spectateur est transporté, lorsque Cyrano joue ses mémorables tirades, chacun vit le moment avec le personnage, lorsqu’il est en souffrance, le public s’oublie.

Jusqu’à plus de 23h, les comédiens jouent, rient, pleurent, sautent, miment, vivent en communion avec des spectateurs concernés et passionnés, sans jamais faiblir, ne laissant pas leur force de jeu s’amenuiser avec le vent et la nuit.

C’est alors qu’après 2h30 de représentation, le verdict est sans appel. Une standing ovation, cinq saluts, et un mot de remerciement ému du metteur en scène et personnage principal, Anthony Magnier, achèvent la soirée d’une émulation collective. Il suffit alors de se poster à la sortie des Grandes Ecuries pour recueillir des opinions très peu discutées : tous soulignent la performance magistrale réalisée, aussi bien au niveau des émotions que de la prouesse technique.

Sans doute l’un des temps forts de ce Mois Molière 2011, à voir ou à revoir le 4 juin à 20h30 et 5 juin à 17h aux Grandes Ecuries.

S. Malriat


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