[UN MOIS, UN PORTRAIT] Eléonore Muller, l’art mural moderne

[UN MOIS, UN PORTRAIT] Eléonore Muller, l’art mural moderne

Diplômée de l’Ecole d’Art Mural de Versailles, Eléonore Muller a remporté le Prix Avenir Métier d’Art Île-de-France 2016.

Vous avez sans doute déjà pu admirer les peintures des Fables de La Fontaine ornant les transformateurs électriques versaillais, mais vous êtes-vous déjà demandé qui les avait réalisées ? L’Ecole d’Art Mural de Versailles, située juste derrière l’Eglise Notre-Dame, rue Sainte Geneviève, dédiée à l’enseignement supérieur de la peinture décorative et de l’art du trompe-l’œil.

L’établissement s’est distingué l’an passé grâce à l’une de ses élèves, Eléonore Muller, qui a remporté le Prix Avenir Métier d’Art Île-de-France pour son œuvre « Vert de Gris Shang», élaborée en collaboration avec son enseignant Christophe Therrien et sa directrice Lisa Staniforth-Gourdon. En choisissant comme support de travail un mannequin en résine utilisé pour la présentation de produits de luxe, Eléonore a développé une démarche réflexive sur la pratique du trompe-l’œil ainsi que sur la nature du métier de peintre en décor, souvent « considéré comme appartenant au passé, c’est-à-dire restreint à la restauration ou à la restitution de styles anciens ».

La source d’inspiration de cette création fut un récipient chinois datant de la dynastie des Shang (1500 à 1050 av. JC), exposé au musée des Arts Décoratifs de Paris. En reproduisant la matérialité du bronze et les motifs en frise de ce vase antique, Eléonore interroge les relations entre l’ancien et le moderne, comme entre la technique et l’art. Son ambition principale était ainsi de contribuer au décloisonnement de catégories professionnelles et de savoir-faire artisanaux, afin de démontrer que son talent « a toute sa place sur la scène artistique contemporaine ».

 

Eléonore Muller et son professeur Christophe Therrien

 

Ayant suivi un parcours en licence d’histoire de l’art, Eléonore a découvert sa vocation lors de la visite d’une chapelle à Besançon, déclenchant une passion durable pour le décor mural et l’art du trompe-l’œil. A la fin de son cursus, elle s’engage dans un CAP de peintre en bâtiment afin de pouvoir financer son inscription à l’Ecole d’Art Mural. A force de pugnacité et de détermination, elle parvient à intégrer la formation versaillaise dont elle a été l’ambassadrice face aux meilleures écoles d’art de France, son engagement dans le concours régional permettant de mettre en lumière « un savoir artisanal qui demande une grande qualité de réalisation et du professionnalisme». 

La ville de Versailles a fait appel a plusieurs reprises à cet ensemble de compétences, pour la réalisation de trompe-l’œil sur mobiliers urbains et différentes façades. Le Traiteur Saint Claire a confié la restauration des Salons du Pavillon Dauphine à l’Ecole d’Art Mural. Plus récemment, c’est au sein d’une résidence du quartier de Montreuil construite par le Groupe Franchitti que les élèves se sont attelés, aidés de leurs professeurs, à la réalisation de trompe-l’œil et de décors. Plusieurs panneaux, répartis sur les cinq étages de l’immeuble, reproduisent une grande variété de matériaux et de textures. Acier, marbre ou nacre : toutes les imitations semblent plus vraies que nature!

Eléonore Muller, attachée à Versailles depuis son installation dans la résidence étudiante Vauban L’Orangerie, apprécie cette « ville à taille humaine » dont le centre-ville peut être appréhendé comme un « village », dont elle vante la richesse des propositions culturelles. Elle a décidé de s’y implanter durablement avec le projet de se lancer à son compte en ouvrant son propre atelier.   

 

 

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