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Petite histoire du CMBV

Voici une visite privée du Centre de Musique Baroque de Versailles (C.M.B.V.), qui depuis plus de vingt ans valorise le patrimoine musical français des XVIIème et XVIIIème siècles. L’occasion pour tous de redécouvrir cette musique qui a toujours été liée à notre ville, dès le temps où elle n’était qu’un pavillon de chasse. Celui qui fut son fondateur en 1987, Philippe BEAUSSANT, a été élu à l’Académie Française en 2007.

Un lieu chargé d’histoire

Deux entrées s’offrent à nous : « la grande porte » au 22 avenue de Paris : une porte cochère portant fièrement l’inscription en lettres d’or : « Hôtel des Menus Plaisirs du roi – Centre de Musique Baroque de Versailles » ; la « petite porte », au 19 de la rue des Etats-Généraux. Là, on se retrouve face à une gigantesque plaque rappelant que c’est en ces lieux que furent abolis les privilèges dans la nuit du 4 août 1789 et qu’a été proclamée la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Catherine Thépot, responsable de la communication du Centre, me rappelle l’historique de ces bâtiments : « C’est sous Louis XV qu’ils furent construits, pour accueillir l’administration des Menus-Plaisirs du roi, une sorte d’administration qui organisait les plaisirs culturels de la cour. Sous la Révolution, ce bâtiment est choisi pour accueillir les 1200 députés des Etats-Généraux. On construisit une gigantesque salle de bois avec ce qui servait jusque-là de décors pour les représentations de concerts, ballets… Lorsque la cour rentre à Paris en 1790, les députés la suivent, et le bâtiment est abandonné. Après avoir accueilli des régiments depuis 1791, le STO pendant la seconde guerre et les services techniques de la ville de Versailles à partir de 1948, le Centre de Musique Baroque, qui était situé jusque-là rue de la Paroisse, peut s’y installer en 1996. »

Une mission très spéciale

Le CMBV est, depuis sa création en 1987, chargé d’une mission nationale : valoriser le patrimoine musical français des XVIIème et XVIIIème siècles. Cette  tâche est accomplie par une trentaine de personnes qui travaillent dans ses locaux : chercheurs, éditeurs, documentalistes, pédagogues, programmateurs et producteurs…  Le Centre est doté d’un pôle de recherche, associé au CNRS : il s’agit pour les musicologues d’explorer les fonds d’archives pour retrouver des partitions qui n’ont pas été jouées depuis plusieurs siècles ! Ces œuvres, autrefois dans les archives des cathédrales, des monastères, de la cour à Versailles, ont été dispersées à la Révolution. Les chercheurs parcourent donc l’Europe et les Etats-Unis pour retrouver ces fonds. Les partitions sont ensuite corrigées lorsque les copistes ont autrefois commis des erreurs, complétées quand des parties ont été « sous-entendues » par le compositeur, par souci d’économie ou bien abîmées par le temps…  Enfin, elles sont publiées par le service d’édition.

Dès ses débuts, le Centre a eu pour projet de se doter d’une maîtrise qui puisse interpréter les œuvres ainsi redécouvertes. En septembre 1991, Vincent Berthier de Lioncourt fait venir Olivier Schneebeli, dont les compétences dans l’interprétation de la musique ancienne sont reconnues dans le cercle des musiciens classiques. « Quand j’étais adolescent, confie-t-il, j’hésitais à devenir comédien, avant de me tourner finalement vers la musique. Mais ce goût pour la vocalité et la déclamation influent de toute façon sur l’interprétation de la musique baroque, qui se veut théâtrale et déclamative. Alors que j’étais étudiant en direction d’orchestre à l’Ecole Normale de Musique dans la classe de Pierre Dervaux (brillant chef d’orchestre né en 1917 et mort en 1992, grand défenseur de la musique française N.D.L.R.), j’ai eu la chance de diriger coup-sur-coup des adultes et des plus jeunes. Ce fut ce qui a déclenché ma passion pour les voix d’enfants : devant cet immense potentiel, je fus émerveillé devant ce terrain vierge, et enthousiasmé par l’idée qu’on pouvait y bâtir un véritable instrument ».

La Maîtrise

Nathalie Bridier, déléguée aux études, a pour rôle d’organiser la scolarité des élèves et d’établir le lien entre la maîtrise, l’école Wapler et le collège J.-Ph. Rameau où les enfants sont scolarisés. Voici comment elle résume les différentes manières d’entrer à la maîtrise : « Les enfants peuvent être accueillis très jeunes. Dès l’âge de quatre ans, le jardin musical offre aux enfants une  écoute régulière de rythmes simples et de mélodies qui les ouvre à la musique ». Suit alors la pré-maîtrise du CP au CE2, qui leur donne les bases de la formation musicale, avant d’intégrer la maîtrise proprement dite. Cela signifie que, dès le CE1, les enfants sont capables de lire les notes, ce qui leur permet ensuite de se former très rapidement à la musique. Des tests en CE2 permettent de déterminer si les candidats à la maîtrise ont le niveau musical requis, mais également s’ils auront les capacités de suivre un parcours scolaire avec huit heures de moins qu’un élève en cursus normal ! C’est également l’occasion de s’entretenir avec l’enfant pour vérifier que la motivation vient bien de lui, et non pas de ses parents. S’il est possible d’intégrer la maîtrise à différents niveaux scolaires de l’école primaire, des entrées en sixième peuvent se faire exceptionnellement. Un nouveau test en CM2 est également imposé aux élèves « maîtrisiens », pour vérifier qu’ils seront capables de devenir « Page », de la sixième à la quatrième.

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