Petite histoire du CMBV (3)
Une formation ambitieuse
Denis Skrobola, administrateur de la maîtrise, nous explique ce que devient l’œuvre une fois montée : « La pièce est d’abord jouée en audition, sorte de cellule d’expérimentation, concerts plus informels, à l’occasion des jeudis musicaux à la chapelle royale du château. Si elle est appréciée par le public et suffisamment intéressante, elle sera ensuite donnée en grand concert, à la chapelle royale du château, à la mairie, à la cathédrale... Eventuellement, nous négocierons des contrats pour vendre un concert à l’extérieur, en France ou à l’étranger, à l’occasion de tournées, pour des festivals par exemple. Elle pourra ensuite être enregistrée en CD, par des entreprises comme Alpha Production. Les œuvres interprétées par la maîtrise sont donc quasiment toutes inédites. Grâce à un seul musicologue, nous pouvons rejouer une pièce qui n’a pas été interprétée depuis des siècles devant un public de 200-300 personnes, et peut-être la faire écouter par plus de 100 000 avec les CD ! » Hélène et Olivier soulignent l’intérêt de telles échéances (le rythme atteint souvent un concert par semaine) : « Un concert réussi est à la fois une récompense et une motivation. […] La formation donnée aux élèves pour chanter en soliste leur fournit un encouragement certain : ils savent qu’ils peuvent, et doivent chanter seuls devant un public. » Olivier Schneebeli souhaite, grâce à la maîtrise, former des générations de musiciens, mais également des hommes et des femmes dotés de véritables sens artistique et ouverture d’esprit. Nathalie Bridier certifie de son côté que les élèves bénéficient d’un tel épanouissement qu’une vie professionnelle est toujours plus facile pour un ancien de la maîtrise, et que ce goût du travail bien fait, de la précision et cet apprentissage de l’organisation ne peuvent qu’être profitables à un futur citoyen. Qu’en pensent ceux-ci ? S’ils reconnaissent parfois de la fatigue les lendemains de concerts ou d’enregistrements, ils n’arrêteraient pour rien au monde tellement ce qu’ils font leur plait. Entre eux règne une véritable harmonie à l’image de ce qu’ils chantent, dans univers où la réussite de l’un fait la fierté des autres.
Le public de la maîtrise s’accroît et tend à se diversifier. La qualité du travail est telle qu’une simple audition dans le cadre des jeudis musicaux par la maîtrise équivaut à une prestation lors d’un grand concert ! Aujourd’hui, elle bénéficie d’une renommée qui entraîne un grand afflux lors des auditions qui se font le plus souvent dans une chapelle royale remplie : un public d’habitués et de connaisseurs, certes, mais également des classes d’élèves, ou des visiteurs qui finissent leur après-midi au château par un concert de musique baroque. Catherine Thépot, qui insiste sur le lien entre les concerts de la maîtrise et le musée du château de Versailles, n’hésite pas à dire que ces représentations constituent « de véritables expositions de musique baroque. » Tout comme un tableau ou une sculpture, l’objectif de ces musiciens est de toucher le public et de susciter en lui des sentiments, voire de nouvelles passions. Personne ne saurait être indifférent devant un tel spectacle. Alors, pourquoi pas, pour se détendre, revisiter cet univers musical, patrimoine de notre cité ?
Paul LIBERT
Ancien élève de la Maîtrise du CMBV
