[UN MOIS, UN PORTRAIT] Versailles – Machaca : le vent nouveau de Juan

[UN MOIS, UN PORTRAIT] Versailles – Machaca : le vent nouveau de Juan

Jeune versaillais né en Bolivie et passionné de rugby, Jean redécouvre son pays natal à l'âge de 26 ans. Ce « retour aux sources » constitue un vrai tournant pour lui. Un projet conjuguant passion et profession naît alors…

Jean Fontayne quitte la Bolivie à l’âge de cinq mois, trop jeune pour garder des souvenirs de son pays mais néanmoins emprunt de la culture de son pays d’origine, qu’il se réapproprie durant ses années de fac, en côtoyant de nombreux étudiants étrangers. Toujours prêt à découvrir de nouveaux domaines, Jean s’inscrit même à des cours de danses latinos, une décision peu commune pour un rugbyman assidu ! Un contact privilégié s’établit entre lui et sa famille bolivienne « de cœur » comme il aime à le dire. L’idée de retourner au pays s’impose alors progressivement. « Je savais que j’étais prêt mais je ne savais pas ce que j’allais y trouver ».

 

Ce qu’il y découvre avant tout, c’est un beau sens de l’accueil accompagné d’une « chaleur générale qui se dégage ». Et surtout un « déclic ». Jean voit la Bolivie comme un pays plein d’espoirs.  « Tout y est possible», dit-il en souriant. Sans plus tarder, il obtient la double nationalité et contacte à son retour l’ambassade bolivienne, n’ayant plus qu’une idée en tête : s’engager pour son pays. Un nouveau départ se profile. C’est le « premier vrai projet qui aboutit », car pour lui pas question de baisser les bras : « il faut savoir se relever après un échec ». Apprendre de ses erreurs, voilà une des choses que Jean veut transmettre aux jeunes vers lesquels s’oriente son projet humanitaire, en  s’appuyant sur l’expérience qu’il a acquise grâce à son métier.

 

Educateur spécialisé dans un foyer de Versailles, il estime avoir toujours eu « la fibre » avec les enfants et les jeunes de tous âges. Longtemps entraîneur auprès des plus petits dans son club de rugby, le RCC (Rugby Cellois Chesnaysien), c’est sur le terrain que s’expriment au mieux ses qualités pédagogiques et humaines. En mettant ces deux passions au service de jeunes boliviens, il arrive alors à « joindre les deux bouts » et à conjuguer ses différents centres d’intérêt. L’ambassade le dirige vers l’association Macha’k Wayra, « vent nouveau » en aymara, une langue parlée dans les régions des hauts plateaux. Ce vent nouveau sera le rugby ! Durant son séjour, Jean s’est aperçu que les enfants boliviens sont très vite livrés à eux-mêmes : ceux qui le peuvent vont à l’école le matin mais le reste du temps aucune animation n’est proposée. « Remplir ces temps morts », c’est son ambition pour les jeunes du village de Santiago de Machaca. En apportant le ballon ovale à 4000 mètres d’altitude,  il souhaite également inculquer les valeurs de la combativité, du respect, de la persévérance et de l’esprit d’équipe.

 

Jean veut faire de ce sport un support éducatif et fédérateur. Educatif pour donner des repères aux jeunes et les faire tendre vers un équilibre de vie ; fédérateur car il favorise la sociabilisation et l’intégration au sein d’un groupe. Afin de mener à bien ce beau projet, il lui faut convaincre l’association et tout préparer dans des délais très brefs. « Quand je m’engage j’y vais à fond ! », affirme-t-il. C’est le moins que l’on puisse dire car en effet, « crevé mais heureux », il parvient à construire la maquette de projet, ainsi qu’à trouver des contacts, des sponsors, des financements, et du matériel en moins de deux mois, en parallèle de son travail au foyer. 

 

 

A quelques jours de son départ, il se montre confiant quant à l’organisation des derniers préparatifs. Une fois sur place, il lui faudra d’abord tester le terrain, observer ce qui est bénéfique et réalisable pour les habitants du village. Ses deux premiers mois seront donc consacrés à l’installation progressive des ateliers rugby. En fonction de la réception de ceux-ci, il s’attèlera dans les mois suivants à leur développement. Il évoque même la possibilité d’aménager un centre socioculturel (un endroit simple contenant livres, CD, DVD…). Ce lieu d’échange et d’information serait une manifestation supplémentaire de la cohésion sociale à laquelle il aspire.

 

Mais il ne s’arrête pas là : « A terme, mon rêve serait d’établir un partenariat franco-bolivien », notamment entre des clubs des deux pays,  afin d’enrichir la dimension interculturelle de son projet. Ce dernier excèderait alors les frontières de la Bolivie. Par son exemple, il espère donner à d’autres l’envie « de s’ouvrir sur le monde », en créant un vrai projet « globe trotter », comme le nomme un de ses amis. C’est aussi grâce à eux, à de nombreux contacts et surtout grâce à sa famille que Jean avance, se sentant « porté » par leur soutien, ainsi que par celui des jeunes boliviens. 

 

Son conseil aux jeunes d’ici ?« Se lancer ! » Mais attention pas n’importe comment et surtout pas n’importe quand. Selon Jean, « il faut sentir le bon moment et prendre le temps ». Le temps d’expérimenter et grandir en maturité afin d’être prêt à « recevoir les choses au moment où elles arrivent » car pour lui, aucun doute, donner c’est aussi recevoir.

 

Suivez les aventures Jean sur sa page Facebook Humanitaire en Amérique du Sud et sur le blog Projet Santiago de Machaca

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Commentaires

Myriam

14-02-17 19:32

Jean nous a envoyé ses premières nouvelles de Bolivie, il y a été accueilli à l'aéroport par ses amis boliviens rugbyman. Son projet est magnifique et nous ne pouvons que l'encourager et suivre ses pas à travers son facebook.
Moi même, ainsi que tous les membres de l'association Macha'k Wayra, nous sommes ravis d'avoir rencontré Jean, un jeune plein d'enthousiasme et qui s'est donné à fond dans la préparation de ce projet. Nous avons entière confiance en lui et savons qu'il mènera à bien ce beau projet et nous continuerons à tout faire pour l'aider dans sa démarche.
Bravo à lui et tous ceux qui l'ont aidé.

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