[UN MOIS, UN PORTRAIT] D'Alep à Versailles, l'itinéraire de Georges

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Né au Canada, Georges aura connu à seulement 20 ans la guerre en Syrie, qu’il a fuie pour s’installer à Versailles, où il construit aujourd'hui un brillant parcours d’étudiant.

Le conflit en Syrie a commencé le 15 mars 2011, dans le sillage du printemps arabe, avec des manifestations pacifiques violemment réprimées par le régime de Bashar al-Assad.

Très vite, la guerre éclate entre pro et anti-régime, notamment avec l’armée syrienne libre. Jusqu’au début de l’année 2013, les rebelles progressent face aux forces gouvernementales. 

Le bilan de la guerre est terrible, les combats ayant fait plus de 270 000 morts et un million de blessés. La moitié de la population a été affectée ou déplacée par les combats. Au total, 4,7 millions de syriens ont fui leur pays, la moitié en Turquie, un quart au Liban, et plus de 600 000 en Jordanie (source France info).

C’est dans ce contexte chaotique que Georges, jeune syrien de 15 ans, part d’Alep avec sa mère et sa sœur le dimanche 25 mars 2012, pour rejoindre par avion la France en emportant comme seul bagage « deux valises de vêtements par personne ».

Ils s’installent à Versailles où ils retrouvent une tante qui a été professeur d’histoire géographie au lycée Hoche. Son père arrivera quelques mois plus tard, juste avant la fermeture de l’aéroport d’Alep.

Chrétien d’orient « comme cinq pourcents de la population syrienne », ils ont été accueillis par l’église catholique Jeanne d’Arc de Versailles.

Georges a  étudié au lycée français d’Alep, ce qui a facilité son intégration en France tant au niveau de la langue que du programme scolaire, identique des deux côtés de la Méditerranée.

Le plus difficile pour lui fut de « quitter sa famille et ses amis ». Ses grands-parents, un temps réfugiés au Liban, sont revenus à Alep deux ans plus tard, dans une ville minée par la forte inflation, les coupures d’eau et d’électricité (plus de 15 heures par jour) et le peu de carburant disponible pour alimenter le groupe électrogène.

Malgré l’intensité des bombardements et les immenses difficultés entravant la vie quotidienne, la maison familiale est toujours debout à l’heure où nous écrivons ses lignes. 

Un bac scientifique en poche, le jeune Georges intègre l’école préparatoire Ginette du lycée Sainte Geneviève de Versailles. Ayant réussi le concours, il est depuis septembre 2016 étudiant en première année de l’école d’ingénieur Centrale-Supélec à Paris où il se destine à une « possible carrière dans la finance ou le conseil ». Parmi ses illustres prédécesseurs figure des noms célèbres comme Louis Blériot (1895), Gustave Eiffel (1855) ou Edouard Michelin (1987).

Bien que son avenir s’écrive aujourd’hui en France, il n’oublie pas ses amis du lycée français d’Alep, résidant pour la plupart au Liban et au Canada, avec qui il a des échanges réguliers via les réseaux sociaux (Facebook, Skype, WhatsApp).

Au début de l’année 2016, ses parents ont ouvert un magasin de « vélos français »  appelé « Vélo monde », situé juste à côté de la rue des Etats généraux à Versailles, dans lequel sont affichées des photos de monuments syriens (Palmyre,...).

Ses prochains objectifs sont d’obtenir son permis de conduire et la semaine qu’il va passer au ski en mars, avec ses camarades de promotions, lui apportera un repos bien mérité.

 

Texte: Nicolas Lefèvre

Photographie: Maud Rmn

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